Que savons-nous ? Et sommes-nous même assurés d'exister ? Actuellement différents de ce que nous étions à la seconde précédente, et de ce que nous deviendrons dans un instant, nous assistons à l'évanouissement perpétuel des phénomènes du monde extérieur, aussi bien qu'à celui de nos états de conscience.

André Rolland de Renéville

samedi 31 mars 2012

Les quatre mystères du monde, Misha Gromov

Le premier mystère du monde est celui de la nature des lois de la physique. On pense à une structure rayonnant à partir d’un point unique, point de départ dont la seule caractéristique perceptible est une symétrie absolue, et cette symétrie se dilue et se dissipe au fur et à mesure que l’univers se révèle à l’observateur humain.
Le deuxième mystère est celui de la vie. La structure symétrique de la matière physique, se dissipant, évolue vers un autre type de structure, condensée en îlots de réalité dans l’exponentielle immensité des potentialités.
Le troisième mystère réside dans le rôle du cerveau. Une masse de matière organique, qui s’est développée accidentellement et apparemment amorphe, est capable, en suivant des voies dictées par la physique, de sélectionner une réponse adéquate dans un ensemble doublement exponentiel de possibilités (peut-être imaginaires ?).
La seule manière de représenter l’une ou l’autre de ces trois structures dans un format que l’esprit (ou le cerveau ?) humain puisse appréhender est de construire des modèles mathématiques.
Pratiquement tout ce que nous voyons en mathématiques aujourd’hui a évolué sous l’influence du premier de ces trois mystères. Les mathématiciens cherchent toujours et encore la symétrie ultime de l’univers rapportée à l’entendement humain. Mais rien de tel n’a jamais été à même d’élucider les structures de la vie et de l’esprit (ou du cerveau). Et voici qu’apparaît le quatrième mystère, celui de la structure mathématique. Pourquoi et quand apparaît-elle ? Comment pouvons-nous la modéliser, et comment le cerveau parvient-il à l’élaborer, à partir du chaos des inputs externes ?
in Les Déchiffreurs. Voyage en mathématique, Belin, Paris (2008)

mardi 27 mars 2012

ALEXANDER BLOK (1880-1921)


Night, street and streetlight, drugstore,
The purposeless, half-dim, drab light.
For all the use live on a quarter century –
Nothing will change. There's no way out.

You'll die – and start all over, live twice,
Everything repeats itself, just as it was:
Night, the canal's rippled icy surface,
The drugstore, the street, and streetlight.
10 October 1912

mercredi 21 mars 2012

Nicolas Gilbert
Le Poète malheureux
Vous que l’on vit toujours chéris de la fortune,
De succès en succès promener vos désirs,
Un moment, vains mortels, suspendez vos plaisirs :
Malheureux.. Ce mot seul déjà vous importune !
On craint d’être forcé d’adoucir mes destins !
Rassurez-vous, cruels ; environné d’alarmes,
J’appris à dédaigner vos bienfaits incertains,
Et je ne viens ici demander que des larmes.

Savez-vous quel trésor eût satisfait mon cœur ?
La gloire : mais la gloire est rebelle au malheur,
Et le cours de mes maux remonte à ma naissance.
Avant que, dégagé des ombres de l’enfance,
Je pusse voir l’abîme où j’étais descendu,
Père, mère, fortune, oui, j’avais tout perdu.
Du moins l’homme éclairé, prévoyant sa misère,
Enrichit l’avenir de ses travaux présents ;
L’enfant croit qu’il vivra comme a vécu son père,
Et tranquille s’endort entre les bras du Temps.
La raison luit enfin, quoique tardive à naître.
Surpris, il se réveille, et chargé de revers,
II se voit sans appui dans un monde pervers,
Forcé de haïr l’homme avant de le connaître.

Saison de l’ignorance, ô printemps de mes jours !
Faut-il que, tourmenté par un instinct perfide,
J’aie, à force de soins, précipité ton cours,
Trop lent pour mes désirs, mais déjà si rapide ?
Ou faut-il qu’aujourd’hui, sans gloire et malheureux,
Jusqu’à te désirer je rabaisse mes vœux ?
Pareil à cet aiglon qui de son nid tranquille,
Voyant près du soleil son père transporté
Nager avec orgueil dans des flots de clarté,
S’élève, bat les airs de son aile indocile,
Retombe, et ne pouvant le suivre que des yeux,
Eu accuse son nid, et d’un bec furieux
Le disperse brisé, mais en vain le regrette,
Quand, égaré dans l’ombre, il erre sans retraite.

Mais on admire, on aime, on soutient les talents ;
C’est en vain qu’on voudrait repousser leurs élans :
Sur ses pâles rivaux renversant la barrière,
Le génie à grands pas marche dans la carrière.
C’est vous qui l’assurez ; et moi, que les destins
Ont toujours promené sur la scène du monde,
Je dis (et ma jeunesse, en naufrages féconde,
Étudia longtemps les perfides humains,
Apprit où s’arrêtaient les forces du génie) :
« Le talent rampe et meurt s’il n’a des ailes d’or,
« Ou, vendant ses vertus, rare et noble trésor,
« Lève un front couronné de gloire et d’infamie. »

Que ne puis-je, ô mortels, être accusé d’erreur !
Quel que soit mon orgueil, oui, j’aimerais à croire
Que j’ai par trop d’audace irrité mon malheur ;
Que je frappais sans titre aux portes de la gloire.
Il en coûte à mon cœur de vous croire méchants ;
Mais expliquez, cruels, l’énigme de ma vie,
Ou rendez-moi raison de votre barbarie
Dieu plaça mon berceau dans la poudre des champs ;
Je n’en ai point rougi : maître du diadème,
De mon dernier sujet j’eusse envié le rang,
Et, honteux de devoir quelque chose à mon sang,
Voulu renaître obscur pour m’élever moi-même :
A l’âge on la raison sommeille, oisive encor,
La mienne impatiente ose prendre l’essor :
Au nom seul d’un grand homme on voit couler mes larmes.
Grand Dieu ! ne puis-je encor m’élancer sur ses pas !
Condé bégaie à peine, il demande des armes,
Et déjà plein de Mars, respire les combats
Donnez-moi des pinceaux. — Qu’exiges-tu d’un père ?
Mon fils, crois-moi, surmonte un penchant téméraire :
Tu -veux chercher la gloire ? Eh ! ne sais-tu donc pas
Que les plus grands talents y montent avec peine ;
Que, noircis par l’envie, accablés par la haine,
Tous ont vu le bonheur s’échapper de leurs bras ?
Songe au sort de Milton, songe au destin d’Homère :
L’homme, ingrat de leur temps, a-t-il changé depuis ?
Ah ! mon fils, je suis pauvre, et tu n’as plus de mère !
Bientôt tu vas me perdre : où seront tes appuis ?
Mon fils, crois-moi, mon fils, sors de ton indigence ;
Et vers la gloire alors dirige tes travaux.
Au nom de tous les soins qu’on prend de ton enfance,
Par mes cheveux blanchis. — Donnez-moi des pinceaux,
Eh bien ! vis à ton gré. Je te livre à toi-même,
Ingrat ; mais en suivant ta folle passion,
Crains ton père, reçois sa malédiction.
Vous pleurez... ah ! mon fils... votre père vous aime ;
Écoutez. — Des pinceaux ! Moi, sillonnant les mers,
J’aurais donc, sur la foi du zéphyr infidèle,
Poursuivi la fortune au bout de l’univers ;
Et peut-être pour prix de mon avare zèle,
Enterré sous les flots, en revenant au port,
Et mes jours, et mon nom. Qui peut vaincre la mort ?
Qu’à son gré l’opulence, injuste et vile amante,
Berce sur le damas ce parvenu grossier,
Et laisse le poète, à l’ombre d’un laurier,
Charmer par ses concerts le sort qui le tourmente !
II n’est qu’un vrai malheur, c’est de vivre ignoré
L’homme brille un moment, et la tombe dévore
Les titres fastueux dont on fut décoré,
Nos maux, et ces plaisirs que le vulgaire adore.
Tout périt sous la faux de la Mort ou du Temps ;
Mais la gloire du moins que l’homme a méritée
Survit à son trépas et s’accroît par les ans ;
Et loin de les flétrir, la fortune irritée
Ajoute un nouveau lustre aux talents glorieux.

Racine, dieu des vers ! Corneille, esprit sublime !
Vous pouvez effrayer un cœur pusillanime ;
Peut-être avec dédain vos mânes radieux
Du haut des monts sacrés regardent qui nous sommes.
Mais, si j’en crois mon cœur, on peut vous égaler :
Le ciel, en vous formant, voulut se signaler,
J’y consens ; mais enfin vous n’êtes que des hommes.

Ainsi je m’abusais. Sans guide, sans secours,
J’abandonne, insensé, mon paisible village,
Et les champs où mon père avait fini ses jours.
Cieux, tonnez contre moi ; vents, armez votre rage ;
Que vide d’aliments, mon vaisseau mutilé
Vole au port sur la foi d’une étoile incertaine,
Et par vous loin du port soit toujours exilé !
Mon asile est partout où l’orage m’entraîne.
Qu’importe que les flots s’abîment sous mes pieds ;
Que la mort en grondant s’étende sur ma tête ;
Sa présence m’entoure, et, loin d’être effrayés,
Mes yeux avec plaisir regardent la tempête :
Du sommet de la poupe, armé de mon pinceau,
Tranquille, en l’admirant, j’en trace le tableau.

Je n’avais point alors essuyé de naufrage ;
Mon génie abusé croyait à la vertu,
Et contre les destins rassemblant son courage,
Se nourrissait des maux qui l’avaient combattu.
« Mon sort est d’être grand, il faut qu’il s’accomplisse ;
« Oui, j’en crois mon orgueil, tout, jusqu’à mes revers.
« Qui de ceux dont la voix éclaira l’univers
« N’a point de la fortune éprouvé l’injustice ?
« Un dieu, sans doute un dieu m’a forgé ces malheurs,
« Comme des instruments qui peuvent à ma vue
« Ouvrir du cœur humain les sombres profondeurs,
« Source de vérités, au vulgaire inconnue.
« Rentrez dans le néant, présomptueux rivaux ;
« Ainsi que le soleil dans sa lumière immense
« Cache ces astres vains levés en son absence,
« Je vais vous effacer par mes nobles travaux. »
Mon âme (quel orgueil, grand Dieu, l’avait séduite !)
Dévorait des talents le trône révéré,
Et, dans tous les objets dont je marche entouré,
Ma gloire en traits de feu déjà me semble écrite.

Prestiges que bientôt je vis s’évanouir !
Doux espoir de l’honneur, trop sublime délire !
Ah ! revenez encor, revenez me séduire :
Pour les infortunés, espérer c’est jouir.
Je n’ai donc en travaux épuisé mon enfance
Que pour m’environner d’une affreuse clarté
Qui nie montrât l’abîme où je meurs arrêté.
Ne valait-il pas mieux garder mon ignorance ?

Trop heureux Philémon, s’il connaît son bonheur !
Fidèle au rang obscur qu’il reçut de ses pères,
Longtemps de sa jeunesse il voit briller la fleur ;
Et, cultivant en paix ses champs héréditaires,
Ne craint pas que toujours ses efforts abusés
Laissent tomber son corps privé de nourriture ;
La terre au jour marqué lui rend avec usure
Les trésors qu’en ses flancs il avait déposés.
II n’a point, il est vrai, vu nos cités immondes,
D’où le grand, étonné de ses vastes besoins,
De leurs productions épuise les deux mondes.
Nos sciences, nos arts, étrangers à ses soins,
Ne l’ont point dépouillé de ses mœurs ingénues.
Roulez en char brillant votre heureux déshonneur,
Jamais de Philémon vous ne serez connues,
Beautés dont on nourrit les vices sans horreur,
Tandis que les talents, amis de l’innocence,
Méconnus, repoussés dans leur premier essor,
Tombent découragés, et meurent d’indigence
Sous l’ombre d’un laurier qu’on leur dispute encor.
Ce protecteur qui marche en semant les promesses,
Même en trompant ses vœux, 1’abaissa-t-il jamais ?
Burrhus, qui va comptant les ingrats qu’il a faits,
Lui vient-il reprocher ses honteuses largesses ?
Aux malheureux toujours on trouve des forfaits,
Et les plus généreux vendent cher leurs bienfaits.
Pour qui les verts bosquets ouvrent-ils leurs ombrages ?
Les tranquilles étangs, les tortueux vallons,
Les antres toujours frais, les ruisseaux vagabonds,
Les chants du peuple ailé, ses jeux dans les feuillages,
Le paisible sommeil sur des lits de gazon,
La justice, la paix, tout rit à Philémon.
Oh ! combien j’eusse aimé cette beauté naïve,
Qui, d’un époux absent pressentant le retour,
Rassemble tous les fruits de son fertile amour,
Dirige des aînés la marche encor tardive,
Et, portant dans ses bras le plus jeune de tous,
Vole au bout du sentier par où descend leur père !
Elle le voit : grand Dieu ! dérobe à ma misère
L’aspect de leurs plaisirs dont mon cœur est jaloux....
N’est-ce donc point assez des tourments que j’endure ?
Quoi ! je porte un cœur noble, et d’un œil plein d’effroi
Je lis sur tous les fronts le mépris et l’injure !
Le dernier des mortels est plus heureux que moi !
Ah ! brisons ces pinceaux ! tombe, lyre inutile !
Périsse un monde injuste ; et toi qui m’as perdu,
Gloire, fantôme ingrat, à la brigue vendu,
Va, je perds sans regret ta couronne futile !
C’est le prix de l’intrigue, et je ne puis ramper.
Si pourtant les destins cessaient de me frapper...
Des hommes quelquefois l’injustice se lasse...
Je puis être du moins fameux par mon audace !
Oui, tremblez, fiers rivaux, détournez vos mépris ;
L’intrépide lion dans un piège surpris
S’irrite du danger, et de sa dent tenace
Ronge, en grondant, la toile où lui-même s’enlace,
Se roule, et peut enfin, par un dernier effort,
La briser, s’échapper, et, prodiguant la mort
Au peuple de chasseurs qui l’attaque et le brave,
Marcher, roi des forêts qui le virent esclave.
Vain espoir ! qu’ai-je dit ? hélas ! sans de longs jours
Le poète languit dans la foule commune,
Et s’il fut en naissant chargé de l’infortune,
Si l’homme, pour lui seul avare du secours,
Refuse à ses travaux même un juste salaire,
Que peut-il lui rester ?... Oh ! pardonnez, mon père,
Vous me l’aviez prédit... je ne vous croyais pas.
Ce qui peut lui rester ? La honte et le trépas.

C’en est donc fait : déjà la perfide espérance
Laisse de mes longs jours vaciller le flambeau ;
A peine il luit encore, et la pâle indigence
M’entr’ouvre lentement les portes du tombeau.
Mon génie est vaincu : voyez ce mercenaire,
Qui, marchant à pas lourds dans un sentier scabreux,
Tombe sous sou fardeau ; longtemps le malheureux
Se débat sous le poids, lutte, se désespère,
Cherchant au loin des yeux un bras compatissant :
Seul il soutient la masse à demi soulevée ;
Qu’on lui tende la main, et sa vie est sauvée.
Nul ne vient, il succombe, il meurt en frémissant :
Tel est mon sort. Bientôt je rejoindrai ma mère,
Et l’ombre de l’oubli va tous deux nous couvrir.

O rives de la Saône, où ma faible paupière
A la clarté des cieux commença de s’ouvrir,
Lieux où l’on sait au moins respecter l’innocence,
Vous ne me verrez plus ! mon dernier jour s’avance ;
Mes yeux se fermeront sous un ciel inhumain.
Amis !... vous me fuyez ? cruels ! je vous implore,
Rendez-moi ces pinceaux échappés de ma main...
Je meurs... ce que je sens, je le veux peindre encore.

dimanche 11 mars 2012

J'aime les garçons qui ressemblent à des filles.

J'aime les garçons qui ressemblent à des filles.

J'aime les androgynes, les hommes frêles, un peu fêlés, élancés, féminins.

J'aime les vampires nés au tournant du siècle.

Autant le dire tout de suite : j'aime Robert Pattinson dans Twilight, le film (et même dans l'épisode 4).

J'aime les jeunes hommes très jeunes.

J'aime les corps très vifs.

J'aime Tadzio dans La Mort à Venise, de Visconti.

J'aime les visages bien dessinés.

J'aime le Saint Jean Baptiste de Léonard de Vinci au Louvre.

Devant son visage, je me suis attardée longtemps, un matin d'été.

J'aime chez Filippino Lippi l'archange Raphaël, debout au centre, dans Trois Archanges et le jeune Tobie.
Lacis de cheveux châtains qui tombent dans le dos comme un treillis.

J'aime les hommes aux cheveux longs.

Bien fol est qui s'y fie! Surtout quand les idées courantes s'entremêlent et s'y trompent.

Car androgyne ne signifie pas métrosexuel.

D'ailleurs, à l'époque des soi-disant métrosexuels, des identités troubles, l'androgynie semble perdre son sel, son essence.

Un androgyne n'est pas un hétérosexuel qui sait s'habiller, ni un homosexuel efféminé.

Un androgyne est un homme qui est tout à la fois homme et femme.

Drôle de phrase dans le New York Times, au milieu d'un article sur la musique baroque :"ce qui fait tourner la tête à une femme, c'est un garçon qui pourrait ou non être une fille."
' j'ajouterais peut-être : mais qui en définitive ne l'est pas.

Car j'allais oublier, j'aime les contre-ténors.

J'aime Philippe Jaroussky, mais pas sur la couverture de Heroes où il joue l'homme à la cravate, pour nous montrer que les contre-ténors, aussi, sont des hommes.

J'ai horreur des cravates.

Des costumes de ce siècle.

J'aime Philippe Jaroussky quand sa voix devient dérangeante même pour lui, quand il est mis en péril par sa voix.

J'aime le XVe siècle.

Les princes libertins.

J'aime le Casanova vieillissant de La Nuit de Varennes, d'Ettore Scola.

Marcello Mastroianni affublé d'une longue perruque blanche qui offre un baiser au garçon coiffeur : 'il ne faut jamais rien refuser par principe'.

Evidemment, j'aime être un peu masculine, même si je crains bien ne l'être pas du tout.

N'empêche : je me fantasme agent secret, ou amazone.

Non pas James Bond Girl mais James Bond, pistolet au poing.
 Anne Parillaud dans Nikita.

Une femme forte est une femme féminine ? Entendez, une femme qui sait porter sa féminité comme un garçon.

Une balle dans le coeur.
Nikita, c'est moi.
 
Je me fiche pas mal du post-modernisme, des "gender studies", des "lesbiennes eskimo".

J'aime les garçons qui me regardent l'air de rien mais qui tremblent comme une feuille.

J'aime la ferveur.

La liberté de se réinventer.

Le temps qui s'arrête.

J'aime les garçons qui ressemblent à des filles.

par Lila Azam Zanganeh

paru dans Jalouse de Février 2012

 Simeon Solomon, The Sleepers, and the One that Watcheth (1870)

mercredi 7 mars 2012

A la recherche de l'essence de l'amour

Comme
Je pense que les 3/4 des gens se trompent sur l'amour, je veux dire qu'ils ne sont pas réellement amoureux, puisqu'ils sont aveugles selon le fameux dicton "L'amour rend aveugle", et que pour moi NON NON NON, L'AMOUR REND VOYANT !
...Ou alors je me trompe et l'amour rend TOUJOURS aveugle c'est son propre-même, mais alors là, que cela serait affreux ! Dans cette hypothèse-ci, l'amour ne se révélera qu'être purement physiologique, car un jour souvent on finit par se réveiller, réaliser qu'à 18,20,25,26,27,30,39,40,41,42,60 ans, on ne recherche pas forcément les mêmes choses, et que si la personne à côté ne sera pas le compagnon d'une vie, et bien cela pourrait tout à fait être normal.

Ah, que ne ferait pas la nature pour assurer la reproduction de l'espèce: nous infiltrer de la poudre dans les yeux...nous faire nous mentir...[LISTE A COMPLETER]

Se réveiller au bout de 5 ,15 ou 25 ans, c'est pareil, voir un étranger dans notre lit...Now I know what a fool I've been but if you kissed me now I know you'd fool me again...L'Humain tient à ses illusions, sortir de la caverne est trop douloureux. Et quand je vois les paroles des chansons I can’t help falling in love... I want it, I crave it I just can’t get enough... I’m drunk on love Nothing can sober me up.../...Love is the drug and I need to score...Love is the drug, got a hook on me...Love is the drug I'm thinking of...Love is the drug for me...je me dis :

On n'aime certainement pas quand c'est l'amour que l'on célèbre.

I saw your eyes
And you made me smile
For a little while
I was falling in love

Je pense aussi à cette chanson : Je ne pense qu'à l'amour - Les Chaussettes noires : Moi je ne pense qu'à l'amour our our/Mais l'amour pense-t-il à moi ? Ensuite dans cette chanson sont mélangés l'amour et "la fille dont j'ai toujours rêvé" de façon très confuse. Voilà, nous mélangeons tout !
Moi aussi je tombe amoureuse trois fois par jour devant les beautés que je croise dans la rue. Mais ça n'a rien avoir avec de l'amour !

Now I know what a fool I've been But if you kissed me now I know you'd fool me again Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-WHAM,LAST-CHRISTMAS,103178712.html
Now I know what a fool I've been But if you kissed me now I know you'd fool me again Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-WHAM,LAST-CHRISTMAS,103178712.html
Now I know what a fool I've been But if you kissed me now I know you'd fool me again Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-WHAM,LAST-CHRISTMAS,103178712.html
Donc je me demande sans cesse comment peut-on reconnaître le véritable amour, et je crois avoir un élément de réponse dans cet extrait de Séraphîta de Balzac : (C'est Séraphîta/tus qui parle)

___

"Ne vois-tu pas quel est mon amour, un amour sans aucun propre intérêt, un sentiment plein de toi seul, un amour qui te suit dans l'avenir, pour t'éclairer l'avenir ? Car cet amour est la vraie lumière. Conçois-tu maintenant avec quelle ardeur je voudrais te savoir quitte de cette vie qui te pèse, et te voir plus près que tu ne l'es encore du monde où l'on aime toujours. N'est-ce pas souffrir que d'aimer pour une vie seulement ? N'as-tu pas senti le goût des éternelles amours ? Comprends-tu maintenant à quels ravissements une créature s'élève, alors qu'elle est double, à aimer celui qui ne trahit jamais l'amour, celui devant lequel on s'agenouille en adorant.
"

La vraie lumière ! Moi qui disait voyant.

On préfère l'autre mort s'il est heureux comme ça !

Aimer pour une vie ? L'amour transcende toutes les contraintes et toutes les contingences de temps, d'espace, toutes les limitations !

_____

Tout ça me fait un peu penser à ce que j'avais pu lire sur le web (cinelatino.com.fr) sur le très beau (esthétique léchée, histoire ô ambitieuse ♥) film Rabioso sol, rabioso Cielo (2009) de Julián Hernández :

"L'amour comme une épopée ancestrale, comme une lutte mystique dans laquelle l'expérience de la perte et la mort est un passage obligé, une douce douleur qui aide à atteindre le bonheur absolu. Kieri, Tari et Ryo s'aiment sans contraintes spatio-temporelles, dans un présent continu, une éternité dictée par l'essence de leurs raisons d'être."

Et on revient à ce mot, titre même de mon article: L'essence. Ce n'était pas prémédité mais il faut croire que dans un sens, hmmm, la boucle est bouclée.

(
cf. Uffie: "Illusion of love, it's better than none" (!!!!) The Rolling Stones - Anybody Seen My Baby ? Culture Club- I just wanna be loved)

lundi 5 mars 2012

Martha Marcy May Marlene


"You know that death is the most beautiful part of life, right?
Death is beautiful because we all fear death.
And fear is the most amazing emotion of all
because it creates complete awareness.
When you’re scared it forces you to be completely aware of your surroundings and the moment you’re in.It brings you to NOW.
And that makes you truly present.
And when you are truly present,
that’s nirvana,
that’s pure love.
So, death is pure love."



I know it's the guru who says that in the movie and it was supposed to be a confused/confusing message, a proof of his twisted sickness etc but I can't help to find this "true" and more than interesting. Yeah I mean why do we fear death so much ?

DEATH
OK we are not Socrates so death does not look happy to us because it's the moment our soul is released, ready to go back to the Intelligible Realm and finally seperated to its (her?) enslavement to our bodies but yes death is a part of life and we just have to accept it.
Just for the record, contrary to popular belief, death is not opposed to life. There is Birth and there is Death, in the middle there is Life. Death is actually a PART of life. Can't remember where exactly I read it. Anyway I really think we should stop being afraid of death. Of course it's easier said than done. Personally I'm still afraid of death because I'm so young and haven't achieved a lot of things yet. But there are some moments when I feel I could die just tomorrow, and die happy. These moments seems very important to me. I'll try all my life to feel them.
I love life to death, but I think I'll never, never, never inflict birth on someone. Not in this world. What is also beautiful in death is that you can choose it whereas birth is never never a choice. (And no the foetus does not "want" to be brought in the world, it's a foetus.)

So what about life ? Can WE make it start, and/or end it ?

FEAR
This statement moved me because I've been experiencing fear lately and realised how it can be part of the game, the thrill, how much you can enjoy the moment , and how much you learn from it at the end. I've finally understood why there are games such as the russian roulette, binge drinking etc. Fear is powerful, fear can lead you to the strangest places. But what is so amazing about fear is that it creates complete awareness. Could seem paradoxical but it's not, fully awareness makes you stop thinking and so you act as a kind of "other yourself", and that other yourself can become really really important.

LIVING THE PRESENT
I'm still trying to figure out what exactly is the present and if there is a thing such as that and so if we can "live" it. Tell me if you have any clue.